Fin de parcours...

Fin de parcours...
Eh bien voilà, il y a quelques mois encore, je me demandais quand ce blog finirait sa vie, sans souhaiter que ce moment soit proche, mais je crois qu'il est arrivé. Je n'ai plus le temps d'y poster quoi que ce soit et plus personne n'y vient (les deux sont interdépendants, évidemment).
Je prend beaucoup de plaisir avec le nouveau blog (cf. article d'en dessous), bien qu'il soit destiné à ne pas durer.
Peut-être un successeur à TheGhost92 émergera-t-il un jour, mais ce sera sur un autre serveur que Skyblog. Loin d'être un mauvais support et bien que champion pour la mise en relation inter-blogs, il reste trop connoté collège/lycée et il est temps pour moi de laisser cette période derrière, de passer à autre chose...

Depuis sa naissance il y a bientôt trois ans et demi (ce qui est un excellent score pour un skyblog!), il aura beaucoup évolué: parti d'un article d'actualité par jour, réorienté sur la philosophie puis ouvert à la culture et aux sujets de société, se recentrant finalement exclusivement sur la musique en fin de parcours, il m'aura accompagné pendant tout ce temps. Je ne le ferme pas (encore), je l'arrête juste. Je n'ai pas envie de supprimer tout le travail réalisé depuis toutes ces années, je pense que je vais l'archiver avant de lui donner le coup de grâce.

Je vous remercie tous pour vos visites (4312), vos commentaires (634) et c'est après 186 articles que TheGhost92 tire sa révérance.

A bientôt à tous,

je vous laisse écrire un dernier mot si le coeur vous en dit.

Fantômatiquement vôtre,

TheGhost

PS: vous pouvez me retrouver sur
http://fredgoestowashington.blogspot.com
http://fredinbologna.blogspot.com
http://www.myspace.com/theghost92
# Posté le vendredi 06 juin 2008 23:37
Modifié le lundi 15 septembre 2008 09:19

Fred goes to Washington, DC

Fred goes to Washington, DC
Vous êtes nombreux à m'avoir demandé des nouvelles pendant mon séjour à Washington... Pour qu'il n'y ait pas de jaloux, voici la solution (à consulter sans modération).

http://fredgoestowashington.blogspot.com

N'hésitez pas à participer...
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# Posté le dimanche 25 mai 2008 22:32

Culture, Musique: Vitalic - V Live

Culture, Musique: Vitalic - V Live
V°V°V°V° INTRODUCTION °V°V°V°V

Vitalic est sans doute ce qui est arrivé de mieux à l'électro française depuis les Daft Punk, le seul pont solide entre le mythique duo parisien et ses successeurs qui émergent aujourd'hui, toute la clique de Pedro Winter, Justice en tête. Vitalic, de son vrai nom Pascal Arbez, est né en 1976. Inspiré par les Daft Punk, il sort ses premiers EP en 1996. Son pseudo actuel est inspiré du prénom russe Vitaly, la première fois qu'il sort un disque sous ce nom est en 2001, sur le label de l'allemand DJ Hell, le quatre titres s'intitule Poney EP et rencontre un succès quasi-immédiat. Vitalic collabore ensuite avec de nombreux artistes de l'électro mondiale et c'est en 2005 qu'il sort enfin son premier album, OK Cowboy. Sur cette galette on retrouve La Rock 01, un des succès de Poney EP, mais aussi les hits My Friend Dario et No Fun. Avec pour tout bagage un seul album, Vitalic a néanmoins su s'imposer dans le monde de l'électro mondiale et gagner le respect de ses pairs. Il sort V Live en 2007, album enregistré lors d'un concert en Belgique. Le live, là où se révèle toute la puissance de la musique de Vitalic, une puissance que l'on retrouve sur un V Live survitaminé. Critique complète:


V°V°V°V° V LIVE °V°V°V°V

01. Polkamatic
Quelques cris et très rapidement la musique débute. Un petit air chantant, sympa, assez léger, mais trop rapide pour être honnête. Et voilà que le bougre accélère encore, nous entraînant déjà dans une folle chevauchée électrique. Sans basse, cette petite introduction a le mérite de nous mettre en appétit, alternant rythmes lents et rapides. Enfin un peu après la minute arrive une ligne de basses très discrète, juste de quoi donner du coffre à notre petit air qui se transforme vite en machine infernale, brutalement stoppée au bout de deux minutes à peine mais qui annonce le très lourd à venir.

02. Disco Nouveau (Live Intro)
Une voix samplée annonce 'Disco Nouveau'. C'est là que la ligne de basses vient nous faire sursauter avant de s'effacer progressivement. L'ambiance est assez sombre, quelques sons extraterrestres viennent donner du relief, la voix se fait hypnotique, les basses mécaniques, le tout se déroule encore très vite et déjà les premières notes de Bambalec percent la mêlée. Disco Nouveau se finit en montée en puissance progressive vers la troisième piste, s'accélérant, se musclant, se débridant pour déboucher peu à peu sur sa suivante.

03. Bambalec
La voilà, la suivante, qui nous accueille par ses rythmes tribaux. Nouvelle voix samplée, moins grave, moins inquiétante, qui nous secoue dans tous les sens. Là encore, le génie Vitalic sait jouer des variations de rythmes, de la texture, de la puissance de ses sons pour nous entraîner avec une science jouissive dans une masturbation sonore des plus agréables. Mais il sait aussi nous maintenir juste au bord de l'extase, à la limite... après tout on en n'est qu'à la troisième piste.

04. Anatoles
Et, d'ailleurs, le ton change complètement avec la quatrième piste. Bien que la transition se fasse sans problème, on replonge avec Anatoles dans un univers plus semblable à celui de Disco Nouveau, plus sombre, de plus en plus industriel, mécanique, rude, froid. Plus de voix, que des sons qui viennent marteler nos oreilles d'une rythmique un peu agressive. Les sons stridents qui couvrent ce déchainement métallique ne sont pas toujours très agréables eux non-plus et si le traitement est violent, il perd parfois de son efficacité à l'être trop. Tout à coup tout s'arrête, on entend la foule crier, mais bien vite les basses ré-émergent, comme sortant de leur bocal, nous fonçant dessus à la vitesse d'un TGV pour bientôt venir secouer à nouveau tout notre univers. Cette fois-ci l'effet est immédiat, on ferme les yeux, on se laisse emporter dans ce monde informe, nocturne, infernal mais délicieusement ennivrant.

05. Follow The Car
Grosse ligne de basses encore pour cette cinquième piste, bien que Vitalic encore une fois les fasse aller et venir avec une maîtrise admirable. On poursuit dans un univers apocalyptique où la violence est savamment dosée, juste de quoi nous laisser un souffle de vie pour profiter encore du spectacle. L'expérience est intense. Des sons spatiaux viennent à nouveau émailler l'ensemble, semblant apparaître par moments au dessus du fleuve terreux qui coule sous nos pieds. Entre ciel et eau, suspendus, on est surpris par l'étrange spectacle que donnent les deux éléments, les deux dimensions lorsque soudain elles s'accordent et nous envoient valser aux milieux des étincelles et des étoiles filantes. Et puis tout s'arrête encore. Quelques sons aquatiques (comme quand on fait bouger de l'eau dans une baignoire ou une bassine) électrisés nous parviennent, la basse revient nous marteler les oreilles et le voyage reprend à toute vitesse.

06. Bells
Bells commence comme branchée sur du 220V, agaçant nos oreilles d'un papier de verre irritant que vient adoucir une voix de sirène surréaliste. Un break. Les cris de la foule. Et puis le papier de verre revient accompagné de quelques sons indéfinissables entre l'oiseau extraterrestre et le chat égorgé, la voix aussi revient, et enfin les basses, libératrices, pour le premier orgasme acoustique de la soirée. D'une efficacité à toute épreuve, Bells allie à la fois des basses destructrices, des sons qui nous écorchent pour maintenir une dose de violence salvatrice et ce chant venu d'ailleurs qui nous envoûte. Un bridge plus calme vers les trois minutes nous offre un repos bien mérité avant que le train ne nous rattrape de plus belle. Dedans, quelques notes résonnent, comme une boîte à musique futuriste, et encore la voix, et encore le papier de verre, et encore les basses, et on y perd la tête. Enfin des sons plus doux, comme des violons aériens apparaissent au loin vers la fin.

07. The 30000 Feet Club
Un rythme simple, hypnotique, incessant. Puis quelques variations qui débouchent sur une accélération générale, le tout s'étoffe. Une ligne colorée en sort, on la visualise, elle est bientôt soutenue par les basses pour une virée en club aussi surréaliste que le reste des ambiances de ce concert. Difficilement descriptible, ce morceau, bien que très énergique, se révèle moins éprouvant que les précédents. La ligne aigue que Vitalic semble s'amuser à tordre en tout sens voltige au milieu des basses et vient nous chatouiller les tympans. Puis d'énorme basses débarquent, environ au milieu du morceau, et remettent tout ça en ordre. Mais déjà la ligne aigue revient, comme un trait lumineux au-dessus du marasme. Bientôt tout cela est écrasé par un seul son rêche, râpeux, qui laisse place à quelques percussions tribales, de courtes durée puisque bien vite le manège se remet en marche et nous entraîne à nouveau dans son incroyable tourbillon.

08. Rhythm in a Box part. 1 and 2
Rhythm in a Box... en effet un rythme semble enfermé dans un boîte et chercher à en sortir en se cognant contre ses parois. Croyez-moi, il a l'air plutôt énervé. Attention, la pression monte, un bruit de soupape se fait entendre, elle semble prête à tout laisser exploser, le rythme cogne de plus belle contre les parois de sa boîte. Fausse alerte mais c'est maintenant un rythme quasi militaire qui nous martèle les tympans et puis le voilà, notre rythme prisonnier s'est libéré et vient agresser chacun de nous de toute sa force, distribuant autant de coups de poings sonores qui nous assomment un peu plus. Ensuite c'est une sorte de mitraillette qui prend le relais pour ne laisser aucun répit à nos corps épuisés. Derrière, une basse finit par émerger, comme pour rythmer les salves électriques. Enfin on passe à de l'artillerie lourde qui nous arrose d'ondes balistiques.

09. La Rock 01
Et débute La Rock 01. Le public se prend des décharges électriques, comme si l'on était tous branchés sur un Taser. Ultra-violent, ultra-efficace, le traitement que La Rock 01 nous offre laisse pourtant un tout petit répit. Mais celui-ci se transforme bien vite en montée en pression démentielle et qui annonce le meilleur. C'est jusque dans nos tripes que l'on sent monter l'exaltation, l'extase inévitable est au bout, un nouveau palier nous maintient suspendus et l'on voit au loin l'arme du crime apparaître, ces basses qui vont très vite venir nous achever, elles fondent sur nous, elles sont là, et tout d'un coup c'est l'explosion ! Deuxième orgasme acoustique de la session. Encore plus fort, encore meilleur, surpuissant. Finalement, tout se calme assez soudainement. On est dans l'expectative, on attend, on se regarde, un peu fébriles, on se demande ce qui va nous tomber sur le coin de la figure. On sent que c'est imminent, quelques débuts de montées en pression nous en donnent une bonne idée même s'ils sont jusqu'à présent avortés. Lequel sera le bon ? Celui-là ! Et c'est reparti pour un passage dans l'orgasmotron musical de Vitalic qui nous secoue mieux qu'une machine à laver. Les choses se calment. Puis tout se coupe. Panne de courant ? Non, évidemment non, ça reprend de plus belle pour nous amener assez tranquillement vers la dixième piste. De quoi reprendre notre souffle.

10. Filth and Dirt Go Ahead (Vitalic Garage Remix)
Une ligne de basse (l'instrument, cette fois-ci) calme, une voix samplée calme... enfin un peu de calme ! Pourtant on commence à se méfier et on se demande ce que Vitalic peut bien être en train de nous préparer. Dans une ambiance urbaine toujours très sombre, ce sont surtout les basses meurtrières qui nous ont faussé compagnie. Finalement on se repose enfin, se disant que le traitement de choc ne reprendra qu'à la prochaine piste. Pourtant les paroles pourraient nous inquiéter sur les intentions du DJ « D'ont you think I'm bluffin' ? »... On espère que non et que cette plage de repos est bien réelle.

11. My Friend Dario
Voici que débute l'intro du bien connu My Friend Dario, le tube de Vitalic. On entend d'ailleurs la foule, en fond, réagir aux premières paroles d'un des titres les plus chantés de l'artiste. Dès qu'il démarre réellement, ce titre révèle toute sa puissance et l'on comprend en une demi-seconde son succès. Incroyablement efficace, dansant, puissant, équilibré entre les phases fortes et les phases plus tranquilles, My Friend Dario est bien un tube en puissance, dans des tons qui ne sont pas sans rappeler Felix Da Housecat et notamment le hit planétaire Silver Screen. Le public crie, le titre est moins obscur que les précédents mais non moins efficace. Du pur bonheur. Chaque vague de refrain (entièrement instrumental) est une décharge d'adrénaline délicieuse mais déjà la fin vient nous enlever un peu trop tôt, toujours trop tôt, notre jouet.

12. No Fun (Play the Guitar Johnny)
Mais qu'on se rassure, la suite nous fait bien vite oublier ce joujou volé (No Fun, fini de jouer...). Quelques décharges électriques irritantes, hypnotiques, incessantes, en guise de ligne de basses. Puis le thème, repris en ch½ur par le public. Décharné, industriel, totalement déshumanisé, ce No Fun n'est en effet pas très amusant mais, là encore, il sait y faire et, dans un esprit plus underground, avec une basse presque hard tek entêtante, c'est bien vers la transe qu'il nous mène. La voix qui émerge de temps à autres semble perdue dans le temps, comme abandonnée là par quelques humains déserteurs peu avant le chaos. Elle semble débiter un ultime message d'avertissement. Trop tard, on s'est laissé emprisonner dans l'apocalypse. Et on adore ça.

13. Fast Lane
Voici déjà la fin du voyage qui approche. Fast Lane débute, paradoxalement, assez lentement. Mais les sons qui viennent se greffer à la ligne de base accélèrent l'ensemble et commencent à le façonner, à lui donner du mouvement, du relief. Un petit peu rébarbatif à l'usage, cette treizième piste n'exploite sans doute pas tout son potentiel et laisse dangereusement retomber la pression jusqu'à peu avant les 1:30 où tout se met enfin réellement en mouvement pour nous rappeler où l'on est. La fin s'écoule sans heurt jusqu'à l'ultime piste.

14. Valletta Fanfares (Live Version Outro)
La voici, l'ultime piste, débutant sur le rythme abandonné là par la précédente. Mais dessus vient s'accrocher un étrange thème : rythmé, assez musical finalement, ses quelques notes donnent un relief salvateur à l'ensemble. A vrai dire on distingue assez mal la fanfare promise... quoique ! Quelques roulements de tambour vers 1:30 semblent annoncer quelque majorette délirante, puis tout se remet en marche et, si majorette il y a, elle est pour le moins futuriste ! La fin poursuit ce schéma sans plus de complication. Une fin finalement assez tranquille comparée aux traitements endurés pour y parvenir. Mais éteindre un feu aussi ardent en une seule piste relevait presque de l'impossible.

V°V°V°V° CONCLUSION °V°V°V°V

Que de V pour décrire ce V Live : Virvoltant, surVitaminé, Vitesse grand V, surVolté, ViVant, ultraViolent, éprouVant... V Live est un Vrai traitement de choc, de quoi Vous faire quitter la surface de la terre dès les premières mesures. Vous entraînant dans un Voyage infernal, électrique, surpuissant, Violent mais diVinement agréable, ce concert restitué sans remixage se réVèle d'une efficacité rare. Vitalic nous offre bien là une masturbation acoustique hors norme. Il sait parfaitement jouer des rythmes, des sons, des textures, des volumes, sa musique éVolue en permanence et nous Violente avec un plaisir à peine Voilé pour nous amener à l'orgasme acoustique à plusieurs reprises. Une extase musicale atteinte par tout ce travail sonore de l'artiste : les montées en puissance, les lignes de basses qui Vous raVagent les tripes et Vous font Vibrer de tout Votre être jusqu'à n'en plus pouVoir, les mélodies entêtantes, enivrantes, hypnotiques qui ne Vous relâchent que lorsque Vous parVenez à la transe, au lâcher-prise total...
V Live est une expérience, une expérience dans laquelle il Vaut mieux rentrer tout de suite, ne pas tenter d'y résister, sans quoi elle risque bien de se transformer très Vite en Véritable calVaire. On est maltraité, cogné, assommé, irrité, électrocuté mais ces mauVais traitements sont si saVamment dosés que, comme dans une relation sadomasochiste, seul le plaisir ressort de la séance. On ne regrettera que quelques passages un peu brouillons, bien minimes à côté de l'explosion sensuelle et entêtante qu'offre V Live.
Pas un concert, une expérience à tenter, à ViVre, au moins une fois.


°V°V°V°V° LIENS °V°V°V°V

Pour écouter Vitalic:
www.myspace.com/vitalicofficial

Pour écouter V Live:
http://www.myspace.com/vitalicvlive
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# Posté le samedi 12 avril 2008 06:17

Culture, Musique: Gnarls Barkley - The Odd Couple

Culture, Musique: Gnarls Barkley - The Odd Couple
O°O°O°O° INTRODUCTION °O°O°O°O

C'est la toute première fois que je vais écrire un deuxième article sur le même artiste. Et qui est l'heureux privilégié ? Je devrais plutôt dire « qui sont », il s'agit en effet du duo Gnarls Barkley (prononcer « narls »). Le duo se compose du producteur Danger Mouse (Gorillaz ; The Good, The Bad and The Queen ; The Rapture) et du rappeur Cee-Lo (collaborations avec Brandy, Amerie, Kelis...). Tout le monde se souvient de Crazy, leur premier single sorti en 2006 et de l'album St-Elsewhere duquel il était extrait, un excellent album, d'ailleurs. En 2008 ils reviennent avec The Odd Couple (sorti le 31 mars) et un premier single, Run. Critique complète de ce couple plus étrange que jamais...


O°O°O°O° THE ODD COUPLE °O°O°O°O

01. Blind Mary
Voici donc l'entame de cet album. Tout commence par une petite musique qui évoquerait presque une fête foraine avant que la voix de Cee-Lo ne lance une sorte de complainte. La suite du chant se musclant un peu et la musique restant toujours plutôt guillerette, l'ensemble forme un sucré-salé étrange, pas désagréable du tout, à la fois joyeux et très léger, un petit peu acidulé et en même temps pas dépourvu d'une certaine mélancolie. S'il n'est pas extraordinairement produit, ce premier titre n'en est pas moins très inventif et très agréable. Belle introduction, donc.

02. She Knows
On plonge cette fois-ci dans une ambiance qui rappelle beaucoup celle de St-Elsewhere, assez sombre et inquiétante mais pas franchement déprimante. Le début met un peu de temps à démarrer vraiment et se révèle profondément insipide avec ces bruits bizarres (un peu comme un aspirateur...) derrière lesquels la voix semble lointaine pour un morceau d'inspiration gospel qui ne manquerait pas de charme sans cette devanture poussiéreuse. Avec un fond de petites clochettes très surprenant, comme une boîte à musique vieillotte à souhait, ce moment de pure nostalgie n'est pas vraiment la réussite de l'album sans être non-plus une catastrophe. On passe.

03. No Time Soon
On commence là avec une guitare et une voix qui évoqueraient des contrées sauvages, peut-être un peu le grand canyon (si vous achetez un album de « musique du grand canyon » vous verrez de quoi je parle). Très vite on replonge pourtant dans cet univers sombre, industriel, gris, avec des percussions électros inquiétantes et une voix toujours très mélancolique qui semble errer telle une âme en peine au milieu de ce paysage urbain désolé. Une petite flûte envoie quelques touches plus maritimes de temps en temps pour un titre qui se montre intéressant sans jamais nous transcender pour autant.

04. Whatever
Ambiance plus yéyé sur cette quatrième piste un peu déjantée et joyeusement oldy. Du léger, juste fun, juste enjoué, pas sérieux pour un sou mais suffisamment bien fait pour que l'on comprenne le second degré et que ce titre ne soit en rien un raté. Dans l'esprit d'un Outkast voire d'un Hives, ce Whatever se révèle fort sympathique même s'il aurait pu aller encore un peu plus loin pour nous emballer vraiment.

05. Who's Gonna Save My Soul
Ambiance très St Elsewhere pour cette cinquième chanson. Mélancolique, douce, pas vraiment déprimante (quoiqu'un peu plus que les précédentes), elle manque en revanche de profondeur. Le temps semble s'être arrêté sur ce morceau qui prend des allures post-apocalyptiques intéressantes mais le frisson n'est pas complet, une nouvelle fois, on a l'impression que le duo aurait pu pousser plus loin ses idées, ses inspirations.

06. Run
Premier single extrait de cet album, Run en est sans doute le titre le plus débridé. Il part à cent à l'heure et ne s'offre aucun répit, une sorte de twist enflammé, désuet juste ce qu'il faut mais fort efficace. Une fois n'est pas coutume, les Gnarls Barkley auraient pu aller encore plus loin et rendre ce titre diabolique mais ils se contentent de faire un bon titre, efficace, qui prend des allures de grand huit un peu fou sans pour autant nous mettre la tête complètement à l'envers.

07. Would Be Killer
On se souvient de Necromancer, la piste la plus inquiétante de St Elsewhere, Would Be Killer semble être son pendant sur The Odd Couple. Plus bluesy, plus musical, cependant, que la fameuse douzième piste du premier opus, cette chanson est sans doute l'une des plus intéressantes de l'opus. Cette espèce de bal macabre, un peu inquiétant dans cette ambiance joyeusement morbide, donne du relief à un album qui en manquait un peu jusque là.

08. Open Book
On commence par d'étranges bruits de jungle et comme les grognements de quelques humanoïdes primitifs. C'est ensuite une musique assez conceptuelle qui se développe à base de violons et de percussions irrégulières pour nous offrir le titre le plus abouti de l'album. Recherché, enfin complet, assumant son originalité et ses ambitions, cet Open Book ne tremble pas face à ses formes torturées et on se laisse immédiatement emporté par cette étrange expérience à mi-chemin entre tribalisme et ultra-modernité. La complainte qui semble émerger du fond de la jungle, voire même des entrailles de la terre, nous touche et c'est l'un des points forts de cette huitième piste qui, anti-commerciale, nous séduit enfin complètement.

09. Going On
Alors qu'on attaque par une intro rock breton entre Hugues Aufray et Matmatah, la suite nous entraîne à toute vitesse dans un dédale de rues sur une côte plus californienne qu'armoricaine. Intéressant, hybride, ce Going On est assez indéfinissable. Moins osé qu'Open Book, il n'en reste pas moins, avec son mélange de sons très variés, un titre inspiré et inspirant. Globalement, on adhère.

10. Charity Case
On commence cette dixième piste comme les autres : de façon déconcertante. Mélange de genres encore, tellement fouillis qu'on ne saurait trop comment le décrire. Plus éthéré malgré tout que les autres pistes, dans une ambiance plus planante, la voix de Cee-Lo nous ramène de bien étrange façon sur la terre que nous fait quitter la voix féminine qui apparaît par moments. Tout cela sans le moindre rapport avec le texte. Entre lounge, rock, pop, blues, gospel (!)... Charity Case est indéfinissable, comme l'album.

11. Surprise
Il semblerait que Surprise soit quelque chose de plus classique et plus appréhensible que les dix pistes précédentes. Quoique... Si, musicalement, il se révèle moins complexe, il n'en oublie pas pour autant de jouer avec les ambiances, les sons, les genres, lui aussi. Entre un refrain là encore assez gospel et des couplets qu'on qualifiera « d'urbains » par manque d'inspiration, on ne sait trop où classer cette Surprise qui n'en est pas vraiment une tant c'est l'album entier qui est surprenant. Alors Surprise est rythmé, plutôt sombre, surtout sur les couplets, il ressemble en fait à une sorte de course-poursuite dans des tunnels dont les refrains seraient autant de sorties, de passages à l'air libre où Cee-Lo en profite pour donner de la voix plus librement, plus franchement, avant de replonger dans le tube suivant. Etrange.

12. Little Better
On approche déjà de la fin de cet album et il semble encore qu'on se simplifie la tâche avec Little Better qui, dans un son moelleux et calme sur les couplets ne nous chamboule guère. Tout cela jusqu'au refrain, où la musique garde ses rondeurs tandis que la voix s'offre des virées à la fois débridées et profondément contenues (!), comme... bridées, par la musique. Etrange piste schizophrène, là encore, bien qu'elle détonne moins que la plupart des autres. L'ambiance au moins y est plus facilement palpable, assez sombre et très calme.

13. Neighbors
Voilà donc la dernière piste de ce deuxième opus de Gnarls Barkley. On ne sait trop quoi penser de cette outro qui mélange encore un chant écorché aux accents tribaux et une musique entre Irlande et Colorado assez indéfinissable. Sans doute le plus constant de tous les titres de cet album dans son ambiance, sa construction, les sons utilisés, il n'est pas franchement enthousiasmant et une fin un peu plus puissante le sauve de justesse de l'insipidité.

O°O°O°O° CONCLUSION °O°O°O°O

St Elsewhere avait été vendu en France sous le slogan « le XXIe siècle a son album », et on était assez d'accord, non pas qu'il eut pu prétendre à être le meilleur album de notre ère, mais qu'il condensait assez merveilleusement l'ambiance de notre époque avec un génie admirable : un monde urbain, pressé, violent, cynique... Le tout était appréhendé avec une autodérision et une subtilité qui faisaient que, bien au-delà d'être un très bon album de musique, St Elsewhere était aussi une ½uvre d'art critique très complète pour peu que l'on prenne la peine de l'analyser, une sorte de pop art musical inédit et formidablement réussi.
Revenir après un tel succès allait donc forcément s'avérer périlleux et les Gnarls Barkley n'ont pas réussi à éviter toutes les embûches. Loin d'être mauvais, cet album se montre pourtant finalement assez décevant par rapport à son prédécesseur (mais quelle référence à soutenir !). Les deux compères se sont lancés dans une expérimentation originale et intéressante dont le seul défaut est de rarement aboutir. Souvent indéfinissables, s'amusant à mélanger les genres, les sons, les ambiances, à dérouter complètement l'auditeur, les treize titres de The Odd Couple sont comme autant de tubes à essai dans le laboratoire de quelque savant fou s'exerçant aux hybridations les plus étranges. Malgré tout, cet album reste très accessible, peut-être trop. Ce qu'on lui reprochera en tout cas c'est de ne pas aller assez loin, de ne pas pousser jusqu'au bout sa schizophrénie, de ne pas oser assez pour passer du rang, déjà honorable, de « bon album », à celui d' « excellent album ». Du coup, il ressort une relative platitude, un manque de profondeur, de relief, à cette galette qui a pourtant le potentiel pour entraîner nos oreilles dans un parcours de montagnes russes qui se serait révélé sans doute plus convaincant.
Mais on l'a dit, The Odd Couple, malgré la déception, reste un bon album, alors on retiendra Open Book comme seule expérimentation menée à bien, on retiendra Run et Blind Mary comme titre enjoués et efficaces, on retiendra presque tous les autres comme bonnes productions, réussies malgré la difficulté de l'exercice (ces mariages déstructurés qui restent malgré tout cohérents) et, finalement, on retiendra l'essentiel : cet album est agréable à écouter.
Ce n'est donc pas une mention « peut mieux faire » que l'on attribuera à The Odd Couple et à Gnarls Barkley mais « a déjà mieux fait ». Un « mieux » malheureusement difficile à égaler et qui pourrait bien peser longtemps sur la carrière du duo, à la fois en bien parce que ce fut une impulsion formidable, et en mal parce que la comparaison risque de se montrer encore souvent défavorable aux les opus suivants.
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# Posté le dimanche 06 avril 2008 16:59

Troisième anniversaire: 3e bougie!

Voici le troisième et dernier cadeau d'anniversaire des trois ans de TheGhost92. Dernier clip, donc, celui-ci est de Sébastien Tellier pour le titre Sexual Sportswear, une merveille esthétique offerte notamment par les danseuses du Crazy Horse...
# Posté le vendredi 07 mars 2008 11:16
Modifié le dimanche 09 mars 2008 06:47