V°V°V°V° INTRODUCTION °V°V°V°V
Vitalic est sans doute ce qui est arrivé de mieux à l'électro française depuis les Daft Punk, le seul pont solide entre le mythique duo parisien et ses successeurs qui émergent aujourd'hui, toute la clique de Pedro Winter, Justice en tête. Vitalic, de son vrai nom Pascal Arbez, est né en 1976. Inspiré par les Daft Punk, il sort ses premiers EP en 1996. Son pseudo actuel est inspiré du prénom russe Vitaly, la première fois qu'il sort un disque sous ce nom est en 2001, sur le label de l'allemand DJ Hell, le quatre titres s'intitule Poney EP et rencontre un succès quasi-immédiat. Vitalic collabore ensuite avec de nombreux artistes de l'électro mondiale et c'est en 2005 qu'il sort enfin son premier album, OK Cowboy. Sur cette galette on retrouve La Rock 01, un des succès de Poney EP, mais aussi les hits My Friend Dario et No Fun. Avec pour tout bagage un seul album, Vitalic a néanmoins su s'imposer dans le monde de l'électro mondiale et gagner le respect de ses pairs. Il sort V Live en 2007, album enregistré lors d'un concert en Belgique. Le live, là où se révèle toute la puissance de la musique de Vitalic, une puissance que l'on retrouve sur un V Live survitaminé. Critique complète:
V°V°V°V° V LIVE °V°V°V°V
01. Polkamatic
Quelques cris et très rapidement la musique débute. Un petit air chantant, sympa, assez léger, mais trop rapide pour être honnête. Et voilà que le bougre accélère encore, nous entraînant déjà dans une folle chevauchée électrique. Sans basse, cette petite introduction a le mérite de nous mettre en appétit, alternant rythmes lents et rapides. Enfin un peu après la minute arrive une ligne de basses très discrète, juste de quoi donner du coffre à notre petit air qui se transforme vite en machine infernale, brutalement stoppée au bout de deux minutes à peine mais qui annonce le très lourd à venir.
02. Disco Nouveau (Live Intro)
Une voix samplée annonce 'Disco Nouveau'. C'est là que la ligne de basses vient nous faire sursauter avant de s'effacer progressivement. L'ambiance est assez sombre, quelques sons extraterrestres viennent donner du relief, la voix se fait hypnotique, les basses mécaniques, le tout se déroule encore très vite et déjà les premières notes de Bambalec percent la mêlée. Disco Nouveau se finit en montée en puissance progressive vers la troisième piste, s'accélérant, se musclant, se débridant pour déboucher peu à peu sur sa suivante.
03. Bambalec
La voilà, la suivante, qui nous accueille par ses rythmes tribaux. Nouvelle voix samplée, moins grave, moins inquiétante, qui nous secoue dans tous les sens. Là encore, le génie Vitalic sait jouer des variations de rythmes, de la texture, de la puissance de ses sons pour nous entraîner avec une science jouissive dans une masturbation sonore des plus agréables. Mais il sait aussi nous maintenir juste au bord de l'extase, à la limite... après tout on en n'est qu'à la troisième piste.
04. Anatoles
Et, d'ailleurs, le ton change complètement avec la quatrième piste. Bien que la transition se fasse sans problème, on replonge avec Anatoles dans un univers plus semblable à celui de Disco Nouveau, plus sombre, de plus en plus industriel, mécanique, rude, froid. Plus de voix, que des sons qui viennent marteler nos oreilles d'une rythmique un peu agressive. Les sons stridents qui couvrent ce déchainement métallique ne sont pas toujours très agréables eux non-plus et si le traitement est violent, il perd parfois de son efficacité à l'être trop. Tout à coup tout s'arrête, on entend la foule crier, mais bien vite les basses ré-émergent, comme sortant de leur bocal, nous fonçant dessus à la vitesse d'un TGV pour bientôt venir secouer à nouveau tout notre univers. Cette fois-ci l'effet est immédiat, on ferme les yeux, on se laisse emporter dans ce monde informe, nocturne, infernal mais délicieusement ennivrant.
05. Follow The Car
Grosse ligne de basses encore pour cette cinquième piste, bien que Vitalic encore une fois les fasse aller et venir avec une maîtrise admirable. On poursuit dans un univers apocalyptique où la violence est savamment dosée, juste de quoi nous laisser un souffle de vie pour profiter encore du spectacle. L'expérience est intense. Des sons spatiaux viennent à nouveau émailler l'ensemble, semblant apparaître par moments au dessus du fleuve terreux qui coule sous nos pieds. Entre ciel et eau, suspendus, on est surpris par l'étrange spectacle que donnent les deux éléments, les deux dimensions lorsque soudain elles s'accordent et nous envoient valser aux milieux des étincelles et des étoiles filantes. Et puis tout s'arrête encore. Quelques sons aquatiques (comme quand on fait bouger de l'eau dans une baignoire ou une bassine) électrisés nous parviennent, la basse revient nous marteler les oreilles et le voyage reprend à toute vitesse.
06. Bells
Bells commence comme branchée sur du 220V, agaçant nos oreilles d'un papier de verre irritant que vient adoucir une voix de sirène surréaliste. Un break. Les cris de la foule. Et puis le papier de verre revient accompagné de quelques sons indéfinissables entre l'oiseau extraterrestre et le chat égorgé, la voix aussi revient, et enfin les basses, libératrices, pour le premier orgasme acoustique de la soirée. D'une efficacité à toute épreuve, Bells allie à la fois des basses destructrices, des sons qui nous écorchent pour maintenir une dose de violence salvatrice et ce chant venu d'ailleurs qui nous envoûte. Un bridge plus calme vers les trois minutes nous offre un repos bien mérité avant que le train ne nous rattrape de plus belle. Dedans, quelques notes résonnent, comme une boîte à musique futuriste, et encore la voix, et encore le papier de verre, et encore les basses, et on y perd la tête. Enfin des sons plus doux, comme des violons aériens apparaissent au loin vers la fin.
07. The 30000 Feet Club
Un rythme simple, hypnotique, incessant. Puis quelques variations qui débouchent sur une accélération générale, le tout s'étoffe. Une ligne colorée en sort, on la visualise, elle est bientôt soutenue par les basses pour une virée en club aussi surréaliste que le reste des ambiances de ce concert. Difficilement descriptible, ce morceau, bien que très énergique, se révèle moins éprouvant que les précédents. La ligne aigue que Vitalic semble s'amuser à tordre en tout sens voltige au milieu des basses et vient nous chatouiller les tympans. Puis d'énorme basses débarquent, environ au milieu du morceau, et remettent tout ça en ordre. Mais déjà la ligne aigue revient, comme un trait lumineux au-dessus du marasme. Bientôt tout cela est écrasé par un seul son rêche, râpeux, qui laisse place à quelques percussions tribales, de courtes durée puisque bien vite le manège se remet en marche et nous entraîne à nouveau dans son incroyable tourbillon.
08. Rhythm in a Box part. 1 and 2
Rhythm in a Box... en effet un rythme semble enfermé dans un boîte et chercher à en sortir en se cognant contre ses parois. Croyez-moi, il a l'air plutôt énervé. Attention, la pression monte, un bruit de soupape se fait entendre, elle semble prête à tout laisser exploser, le rythme cogne de plus belle contre les parois de sa boîte. Fausse alerte mais c'est maintenant un rythme quasi militaire qui nous martèle les tympans et puis le voilà, notre rythme prisonnier s'est libéré et vient agresser chacun de nous de toute sa force, distribuant autant de coups de poings sonores qui nous assomment un peu plus. Ensuite c'est une sorte de mitraillette qui prend le relais pour ne laisser aucun répit à nos corps épuisés. Derrière, une basse finit par émerger, comme pour rythmer les salves électriques. Enfin on passe à de l'artillerie lourde qui nous arrose d'ondes balistiques.
09. La Rock 01
Et débute La Rock 01. Le public se prend des décharges électriques, comme si l'on était tous branchés sur un Taser. Ultra-violent, ultra-efficace, le traitement que La Rock 01 nous offre laisse pourtant un tout petit répit. Mais celui-ci se transforme bien vite en montée en pression démentielle et qui annonce le meilleur. C'est jusque dans nos tripes que l'on sent monter l'exaltation, l'extase inévitable est au bout, un nouveau palier nous maintient suspendus et l'on voit au loin l'arme du crime apparaître, ces basses qui vont très vite venir nous achever, elles fondent sur nous, elles sont là, et tout d'un coup c'est l'explosion ! Deuxième orgasme acoustique de la session. Encore plus fort, encore meilleur, surpuissant. Finalement, tout se calme assez soudainement. On est dans l'expectative, on attend, on se regarde, un peu fébriles, on se demande ce qui va nous tomber sur le coin de la figure. On sent que c'est imminent, quelques débuts de montées en pression nous en donnent une bonne idée même s'ils sont jusqu'à présent avortés. Lequel sera le bon ? Celui-là ! Et c'est reparti pour un passage dans l'orgasmotron musical de Vitalic qui nous secoue mieux qu'une machine à laver. Les choses se calment. Puis tout se coupe. Panne de courant ? Non, évidemment non, ça reprend de plus belle pour nous amener assez tranquillement vers la dixième piste. De quoi reprendre notre souffle.
10. Filth and Dirt Go Ahead (Vitalic Garage Remix)
Une ligne de basse (l'instrument, cette fois-ci) calme, une voix samplée calme... enfin un peu de calme ! Pourtant on commence à se méfier et on se demande ce que Vitalic peut bien être en train de nous préparer. Dans une ambiance urbaine toujours très sombre, ce sont surtout les basses meurtrières qui nous ont faussé compagnie. Finalement on se repose enfin, se disant que le traitement de choc ne reprendra qu'à la prochaine piste. Pourtant les paroles pourraient nous inquiéter sur les intentions du DJ « D'ont you think I'm bluffin' ? »... On espère que non et que cette plage de repos est bien réelle.
11. My Friend Dario
Voici que débute l'intro du bien connu My Friend Dario, le tube de Vitalic. On entend d'ailleurs la foule, en fond, réagir aux premières paroles d'un des titres les plus chantés de l'artiste. Dès qu'il démarre réellement, ce titre révèle toute sa puissance et l'on comprend en une demi-seconde son succès. Incroyablement efficace, dansant, puissant, équilibré entre les phases fortes et les phases plus tranquilles, My Friend Dario est bien un tube en puissance, dans des tons qui ne sont pas sans rappeler Felix Da Housecat et notamment le hit planétaire Silver Screen. Le public crie, le titre est moins obscur que les précédents mais non moins efficace. Du pur bonheur. Chaque vague de refrain (entièrement instrumental) est une décharge d'adrénaline délicieuse mais déjà la fin vient nous enlever un peu trop tôt, toujours trop tôt, notre jouet.
12. No Fun (Play the Guitar Johnny)
Mais qu'on se rassure, la suite nous fait bien vite oublier ce joujou volé (No Fun, fini de jouer...). Quelques décharges électriques irritantes, hypnotiques, incessantes, en guise de ligne de basses. Puis le thème, repris en ch½ur par le public. Décharné, industriel, totalement déshumanisé, ce No Fun n'est en effet pas très amusant mais, là encore, il sait y faire et, dans un esprit plus underground, avec une basse presque hard tek entêtante, c'est bien vers la transe qu'il nous mène. La voix qui émerge de temps à autres semble perdue dans le temps, comme abandonnée là par quelques humains déserteurs peu avant le chaos. Elle semble débiter un ultime message d'avertissement. Trop tard, on s'est laissé emprisonner dans l'apocalypse. Et on adore ça.
13. Fast Lane
Voici déjà la fin du voyage qui approche. Fast Lane débute, paradoxalement, assez lentement. Mais les sons qui viennent se greffer à la ligne de base accélèrent l'ensemble et commencent à le façonner, à lui donner du mouvement, du relief. Un petit peu rébarbatif à l'usage, cette treizième piste n'exploite sans doute pas tout son potentiel et laisse dangereusement retomber la pression jusqu'à peu avant les 1:30 où tout se met enfin réellement en mouvement pour nous rappeler où l'on est. La fin s'écoule sans heurt jusqu'à l'ultime piste.
14. Valletta Fanfares (Live Version Outro)
La voici, l'ultime piste, débutant sur le rythme abandonné là par la précédente. Mais dessus vient s'accrocher un étrange thème : rythmé, assez musical finalement, ses quelques notes donnent un relief salvateur à l'ensemble. A vrai dire on distingue assez mal la fanfare promise... quoique ! Quelques roulements de tambour vers 1:30 semblent annoncer quelque majorette délirante, puis tout se remet en marche et, si majorette il y a, elle est pour le moins futuriste ! La fin poursuit ce schéma sans plus de complication. Une fin finalement assez tranquille comparée aux traitements endurés pour y parvenir. Mais éteindre un feu aussi ardent en une seule piste relevait presque de l'impossible.
V°V°V°V° CONCLUSION °V°V°V°V
Que de V pour décrire ce V Live : Virvoltant, surVitaminé, Vitesse grand V, surVolté, ViVant, ultraViolent, éprouVant... V Live est un Vrai traitement de choc, de quoi Vous faire quitter la surface de la terre dès les premières mesures. Vous entraînant dans un Voyage infernal, électrique, surpuissant, Violent mais diVinement agréable, ce concert restitué sans remixage se réVèle d'une efficacité rare. Vitalic nous offre bien là une masturbation acoustique hors norme. Il sait parfaitement jouer des rythmes, des sons, des textures, des volumes, sa musique éVolue en permanence et nous Violente avec un plaisir à peine Voilé pour nous amener à l'orgasme acoustique à plusieurs reprises. Une extase musicale atteinte par tout ce travail sonore de l'artiste : les montées en puissance, les lignes de basses qui Vous raVagent les tripes et Vous font Vibrer de tout Votre être jusqu'à n'en plus pouVoir, les mélodies entêtantes, enivrantes, hypnotiques qui ne Vous relâchent que lorsque Vous parVenez à la transe, au lâcher-prise total...
V Live est une expérience, une expérience dans laquelle il Vaut mieux rentrer tout de suite, ne pas tenter d'y résister, sans quoi elle risque bien de se transformer très Vite en Véritable calVaire. On est maltraité, cogné, assommé, irrité, électrocuté mais ces mauVais traitements sont si saVamment dosés que, comme dans une relation sadomasochiste, seul le plaisir ressort de la séance. On ne regrettera que quelques passages un peu brouillons, bien minimes à côté de l'explosion sensuelle et entêtante qu'offre V Live.
Pas un concert, une expérience à tenter, à ViVre, au moins une fois.
°V°V°V°V° LIENS °V°V°V°V
Pour écouter Vitalic:
www.myspace.com/vitalicofficial
Pour écouter V Live:
http://www.myspace.com/vitalicvlive